Écriture, inspiration

De la persévérance …

Quand on cherche ce qu’est être un auteur sur le net, dans les blogs, les articles ou les livres traitant de l’écriture, l’un des leitmotivs qui revient souvent est celui-ci « Soyez persévérant« . En tant qu’apprenti-e auteur-ice, on apprend vite qu’en effet, ce n’est pas le premier jet de notre premier roman qui pourra être publié dans la foulée; que une fois, deux fois, trois fois, voire même dix fois son travail sur la table on remettra; que ce n’est même pas forcément le premier livre publié qui fera de vous un-e auteur-ice reconnue; que ça nous prendra peut-être 5 ans, 10 ans, 15 ans avant de se voir (soi-même et par les autres) comme un-e auteur-ice professionnel-le.

Alors oui, la persévérance, la patience, le travail de chaque jour deviendront nos leitmotivs rapidement.

Photo by Photoholgic on Unsplash

La persévérance, c’est bien, seulement, il faut aussi la nourrir ! En effet, au bout d’un moment, elle s’épuise, elle s’effrite, elle s’essouffle. La déception et la démotivation nous guettent. La patience ne se nourrit pas non plus d’échecs ou d’obstacles, au contraire, il nous faut alors encore plus d’énergie pour les franchir ou les contourner. Alors comment faire pour tenir bon sur la durée ? Sans la perspective de savoir quand, comment, pourquoi cela va fonctionner un jour ? Car le manque de projection et de certitude en rajoute aux doutes et aux turpitudes de ce métier.

Je me pose souvent la question : qu’est-ce qui fait que depuis maintenant 11 ans (voire même encore plus quand j’étais gamine et que j’affirmais « plus tard, je serai écrivain »), qu’est-ce qui fait que je continue, persévère, que mes attentes et mon rêve guident toujours mes pas et me poussent en avant ?

Il n’y a pas de réponse toute faite ou de recette magique à cela, malheureusement. A chacun de trouver les ingrédients qu’il faut pour tenir ce marathon, car c’est bien de marathon qu’il s’agit.

Alors on pourra dire :

Ce qui compte c’est le chemin et pas l’objectif.

Tant qu’il y a du plaisir à écrire.

Tant qu’il me restera des histoires à poser sur le papier.

A chacun son mantra. A chacun sa foi.

Lorsque je manque de perspective, j’ai l’habitude de vivre au jour le jour, et même : « à chaque jour suffit sa peine« . A chaque jour qui passe, l’énergie que je peux y mettre tant que je garde l’équilibre dans ma vie. Je puise dans les forces que j’ai et pas au-delà. J’avance à petits pass. Une étape à la fois, même si cela n’empêche pas d’avoir des rêves bien plus grands que soi. (!)

Si je me mets chaque jour à mon bureau, il en ressortira quelque chose à un moment donné. Comme une sorte de karma : ce que je donne, je vais finir par le retrouver sous une forme ou une autre : qu’il s’agisse d’auto-satisfaction, de fierté personnelle, de réussite publique, de reconnaissance mondiale (!). Il y a bien un truc qui finira par naître de tout ça … Comme une histoire ? Même si elle est lue par une poignée de personnes ? Pourquoi pas après tout ! C’est un premier pas essentiel.

Alors chaque soir, j’y reviens. Je ne garantis pas que je suis productive tous les soirs. Il m’arrive de ne rien faire, de regarder des blogs, des articles, de compulser les catalogues des éditeurs ou des sites de ventes, de faire mes propres emplettes de livres, mais même ces instants-là me nourrissent pour plus tard. Et puis, j’ai la satisfaction de m’être assise à ma table de travail, et c’est un premier pas aussi (à condition qu’elle ne devienne pas un haut lieu de procrastination ! )

Cette habitude me sert, elle participe à ma persévérance. C’est mon endroit à moi, là où je fabrique ma bulle pour écrire et où j’avance, un jour après l’autre, à la poursuite de mon grand rêve.

Mais cela suffit-il ?

Non.

J’ai mes moments de découragement, de ceux où j’ai envie de tout envoyer promener et où je jure qu’on ne m’y reprendra plus ! Et puis, je regarde le chemin parcouru. Pour reprendre l’image du marathon, je suis le coureur qui a déjà bien crapahuté, transpiré, accompli et qui, même s’il ne la voit pas, se dit qu’il est toujours plus près de la ligne d’arrivée qu’au départ, quelle qu’elle soit, alors ce serait dommage de renoncer maintenant. Même s’il est toujours possible de renoncer bien sûr.

Si ce long chemin semé d’embûches apporte plus de souffrances que de plaisir, si malgré le chemin déjà parcouru, la fin du trajet semble au-dessus de ses forces alors bien sûr , il vaut mieux s’arrêter. Prendre une respiration. Regarder le paysage. Envisager les différentes options qui s’ouvrent à nous, parce qu’il y en a toujours : les détours, les voies de traverse, les nouveaux horizons. Et bien sûr, il est aussi possible de repartir droit devant après avoir repris des forces !

Et vous, qu’est-ce qui vous pousse à avancer sur ce chemin ? A ne pas désespérer ou abandonner malgré les obstacles et les doutes ? C’est quoi votre mantra ?

2 réflexions au sujet de “De la persévérance …”

  1. Merci pour ce bel article !
    Au-delà de la persévérance (que je pourrai définir comme ma capacité à surmonter les obstacles), le plus grand défi est peut-être celui de la « persistance » (ma capacité à continuer sur la durée, à conserver mes aspirations, à ne pas me lasser quand je ne vois pas de résultats immédiats, même sans obstacles majeurs).
    Pour ma part, ce qui m’aide est de me poser régulièrement la question : « Est-ce que ce que je suis en train de faire contribue à me construire, à ETRE un peu plus ? ». La question exige peut-être au préalable de descendre un minimum à l’intérieur de soi-même afin de définir QUI l’on veut vraiment construire en soi. Ce que l’on peut définir comme nos valeurs profondes.

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    1. Merci pour votre passage ! J’aime beaucoup ce mot, « persistance » et ce qu’il évoque …
      En effet, les valeurs profondes sont commun socle sur lequel on peut s’appuyer et prendre son élan !

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