Écriture

Comment j’ai appris à relativiser les corrections de forme

Les corrections de forme, c’est la plaie. Syntaxe, orthographe, répétitions et verbes faibles, la liste des épreuves à passer semble infinie. Avouons-le. En tout cas, pour moi, c’est la corvée! Alors je me suis fixée quelques règles d’or pour les relativiser.

Règle n°1 : Je ne suis pas infaillible

Déjà, dites-vous bien que, quoi que vous fassiez, peu importe le temps que vous y passerez, il restera toujours une faute quelque part, ou une répétition un peu ennuyante. Toujours. Même si vous y avez passé quelques centaines d’heures (non rémunérées). Même si vous étiez « Champion de dictée » dans votre jeunesse. Même si 10 correcteur-ice-s auront relu votre texte. Même si vous avez 10 logiciels orthographiques intelligents. Il y aura toujours quelqu’un, avec toute la bienveillance du monde, pour vous souligner, une fois le roman paru et imprimé, que : « En page 54, il y a une coquille-là » ou bien « En page 655 trois-quarts, moi j’aurais écris le participe passé du complément d’objet en subjonctif comme ça » . Toujours.

C’est humain, sur 500 000 signes, ou 1 million, ou même 50 000 signes d’une nouvelle, il y a toujours LA faute qu’on ne trouvera pas. Même les machines n’y parviennent pas. Alors relativisez !

Règle n°2 : Je ne suis pas seul-e

Oui, pendant cette galère, vous n’êtes pas seul-e.

Si vous préférez la rectitude et le rationnalisme des machines, il existe plein de logiciels pour vous aider. A commencer par les correcteurs des éditeurs de texte comme sur Word, ça débroussaille déjà un peu. Pour les répétitions, il en existe des gratuits comme Répétition Détector. Il y a bien sûr les logiciels complets comme Antidote. Si vous pouvez vous l’acheter ou vous le faire offrir, vous ne regretterez pas l’investissement.

Sinon, si vous avez besoin d’accompagnement humain, d’encouragement, de bienveillance, beaucoup de correcteurs free-lance offre leur service. Du service simple de correction orthographique au service complet de suivi littéraire, ces personnes de chair et de sang sauront vous accompagner. Je pense par exemple à beta-lecture & co mais il y en a plein d’autres, il suffit d’une simple recherche sur internet ou bien par le bouche-à-oreille.

Et sinon, lorsque vous passez par une Maison d’Editions, celle-ci vous proposera souvent ses services internes : directeur-rice de collection, correcteur-ice … Quand on a toute une équipe avec soi pour lire et relire son texte, il y a ce côté rassurant qu’on a tous le même objectif et qu’on n’est pas seul-e à le porter !

Règle n°3 : J’avance par étapes

One step at a time. Mon leitmotiv pour tout dans la vie !

Ne pensez pas aussitôt au texte parfait, la montagne risque de vous effrayer avant même d’avoir commencé ! Il y a plusieurs étapes pour venir à bout des corrections de forme : entre le premier jet, les passes de corrections individuelles, les corrections éditoriales et enfin le BAT (Bon à Tirer final), vous allez gravir la montagne par paliers. Alors prenez votre temps !

Egalement, aucune obligation de traiter tous les problèmes en même temps. De mon côté, je commence par la syntaxe et l’orthographe, avant de m’attaquer au gros morceaux des répétitions et ensuite je travaille les verbes faibles et les adverbes. Certains procèdent chapitre par chapitre. Là, il faut tester, voir ce qui nous convient le mieux jusqu’à concevoir sa propre routine pour ne pas se reposer de questions à chaque fois.

Enfin, laisser reposer le texte est aussi une bonne idée : le relire après plusieurs semaines voire mois, nous permet de l’oublier un peu et alors des fautes parfois énormes nous sautent aux yeux. Changer de support aussi peut aider à bousculer sa mémoire et à se détacher du texte. Certains proposent même de relire à partir de la fin, pour ne pas se faire happer par l’histoire : j’ai un peu plus de peine à me concentrer avec cette stratégie de mon côté mais peut-être vous conviendra-t-elle ?

Photo by Csabi Elter on Unsplash

Règle n°4 : J’apprends

Oui, l’intérêt de tout ça, ma carotte dans cette épreuve, c’est l’apprentissage. un outil comme Antidote m’aide à progresser dans mon vocabulaire, dans la compréhension des règles de grammaire ou de typographie. Par exemple, comme le placement des virgules, qui est souvent un défi pour beaucoup d’entre nous ! Egalement, je fais de plus en plus attention à mes erreurs récurrentes, comme les homonymes que je n’utilise jamais à bon escient ou les jolis adverbes en -ment que j’essaie d’épurer. A force de corrections, j’apprends, j’affine mon style et j’emmagasine cet apprentissage pour produire à chaque nouveau roman, de meilleurs textes, mieux écrit, plus savoureux en vocabulaire et, au final, moins douloureux à corriger !

Et toi, quelles sont tes trucs et astuces pour t’en sortir sur cette partie des corrections ?

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