Écriture

Comment j’ai réussi à finir mon premier jet

Finir ce tome 3 de ma saga les Amants des Pierres Levées n’a vraiment rien eu de simple. J’ai cru innocemment, vu que j’en étais à mon 9ème premier jet (eh oui, déjà !), savoir faire et être capable de déjouer tous les pièges. Mais l’écriture des romans ne se ressemble jamais : contexte, envie, enjeux … tout diffère de l’un à l’autre. Et celui-là n’échappait pas à la règle.

Déjà, j’ai une date limite de rendu final, vue avec mon éditeur, et comme je me sais longue à corriger, je m’étais mis un peu de pression pour aller vite. Or, aller vite est chez moi source de pression et donc de blocage créatif … Et puis, si pendant le confinement j’ai pu conserver un rythme soutenu, les vacances ont suivi. Ma disponibilité a disparu soudainement ( quand la famille est en vacances, elle « déborde » immanquablement sur les plages de travail, lui préférant un autre style de plage d’ailleurs ! ). Enfin, ma grossière erreur est que je me suis lancée en mode jardinière plus qu’architecte cette fois. Je pensais m’en sortir avec suffisamment de cadrage, mais je n’avais qu’une vague idée de ce que je voulais obtenir.

J’oubliais, last but not least, un fort Syndrome de l’Imposteur * m’a assaillie après la sortie du premier tome, Un Katana pour Mabh. Doutes et incertitudes m’ont envahie, et je me bats encore contre lui.

Mais comme, à un moment donné, il fallait bien le finir ce premier jet, j’ai cherché comment me débloquer et traverser cette mauvaise passe.

Je me suis alors posé deux questions, si essentielles que je me les poserai plus régulièrement.

Sur carnet, sur ordi ou dans la tête, peu importe le moyen !
Photo by Aaron Burden on Unsplash

Pourquoi j’écris ?

Cela peut paraître assez bête mais finalement chaque écrivain possède ses propres raisons qui le poussent à écrire. De mon côté, j’écris parce que je n’ai pas le choix : trop d’histoires naissent dans ma tête et c’est une question de survie que de les coucher sur le papier (et pourquoi pas ensuite de les faire partager au plus grand nombre).

J’écris aussi parce que, comme je lis, je cherche l’évasion et j’essaie donc d’en mettre dans mes écrits. Je m’imagine les scènes en mode cinématographique, cherchant l’émotion et la poésie à chaque instant.

Une fois ces deux principes posés, j’ai compris que je devais renouer avec cette recherche d’évasion dans l’aboutissement de ce roman. J’ai donc pris le temps de « rêver » aux scènes idéales que je voulais y voir.

Premier déblocage.

Quelle fin je souhaite pour mes personnages ?

Les personnages sont pour moi le fondement de toute histoire. On peut avoir créer un univers très travaillé, une magie complexe et unique, une intrigue originale et alambiquée (toute ressemblance potentielle avec un film récent n’est pas fortuite) , c’est par les personnages, leur crédibilité, leurs failles et leurs forces que l’on peut s’attacher à la réussite, ou non, de leurs actions et ressentir des émotions vis-à-vis de l’histoire.

J’ai donc pris le temps de renouer avec les protagonistes, principaux et secondaires : qu’ont-ils fait ? Ont-ils évolué ? Ont-ils atteint leurs objectifs, résolu leurs problèmes ?

J’ai posé la trajectoire de chaque personnage, en utilisant notamment la méthode des Flocons **. Cela m’a obligé à effectuer quelques choix difficiles, malheureusement pour certains d’entre eux, mais l’horizon s’est prodigieusement éclairci.

Deuxième déblocage.

Alors, non, je ne vous dévoilerai pas cette fin ! Il s’écoulera encore plusieurs mois de corrections, personnelles et éditoriales, avant que le roman tombe entre vos mains. Des heures de peaufinage et de réécriture afin d’aboutir au mieux possible. Mais ce travail va m’aider à garder ma ligne et me faciliter les prochaines étapes, c’est certain ! Mieux vaut tard que jamais, non ? (les jardiniers se reconnaîtront sûrement dans les difficultés que j’ai rencontrées d’ailleurs).

Je vous souhaite à vous aussi de trouver comment lever les blocages que vous pouvez rencontrer. Il n’existe pas de remède magique, de formule toute faite, on ne peut qu’expérimenter chacun et se donner des pistes.

Alors, dites-moi tout, vous, comment faites-vous ?

*Syndrome de l’Imposteur : doute maladif qui consiste essentiellement à nier la propriété de tout accomplissement personnel, source Wikipédia

**Méthode des flocons : outil de structuration et d’organisation d’une histoire en 10 étapes

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